Suis-je addict au travail?

Partagez l'article
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  • 19
  •  
  •  
    19
    Partages

Etes-vous addict au travail? C’est dans les années 90 qu’est apparu ce concept: le workaholism. Oui, certains parmi nous pourraient être addict au travail! (Hum…)

Qu’est ce qu’être addict au travail?

Il s’agit d’un besoin incontrôlable de travailler sans cesse. Cela se manifeste par le fait de

  • Consacrer beaucoup de temps aux activités professionnelles.
  • Penser tout le temps au travail… même en dehors de notre temps de travail. Les week end par exemple, ou en rentrant le soir…
  • Travailler bien plus que ce que nous demande notre entreprise ou de ce que nous avons besoin financièrement, par plaisir de travailler.

Ce dernier aspect est important. En effet, lorsque l’on est en difficulté financière et qu’il est de fait nécessaire de travailler beaucoup, on peut aisément comprendre la raison de notre investissement. C’est le cas aussi lorsqu’on démarre dans un nouveau poste où notre ajustement à la fonction nécessite un investissement important. C’est le cas par exemple de la création d’entreprise qui nécessite une énergie importante au début. 

Une société qui valorise le travail

Le travail est une valeur importante dans notre société. Les entreprises encouragent souvent l’investissement de ses collaborateurs par des primes, des augmentations salariales, des avantages et des promotions. Le surinvestissement peut alors vite devenir une norme, surtout chez les cadres.

Mais à quel moment cela devient-il problématique?

Le travail peut devenir compulsif. C’est à dire que la personne ne peut prendre de recul et se sent obligée de travailler, même lorsque cela n’est plus agréable pour elle.

Si la personne se trouve satisfaite par ses activités, tout va bien ou presque. C’est souvent plus l’entourage qui se plaint ou même ses collègues. On parle alors d’activisme enthousiaste. La personne peut en effet ressentir un certain bien être et une forme d’accomplissement de soi.

Mais le vrai dépendant au travail est souvent insatisfait au final. C’est à dire qu’il s’implique fortement dans le travail, au détriment du reste. Il le fait sans plaisir ou presque. Ce type de profil conduit bien davantage au burn out ou aux maladies psychosomatiques ou psychiques (stress, anxiété, dépression).

La personnalité de la personne dépendante au travail

Les études ont montré qu’on retrouve chez ces personnes des traits obsessionnels et une tendance à éprouver facilement des affects négatifs (anxiété, dépression et vulnérabilité au stress).

Sur le plan des schémas de pensées, c’est à dire de la vision qu’on peut avoir de soi, des autres et du monde, on va retrouver spécifiquement:

  • Des exigences de performances et de perfectionnisme: par exemple, “je dois faire mon travail parfaitement”
  • Une anticipation de l’échec: par exemple, “si je n’ai pas cette promotion, ma carrière est finie”.
  • Une attente qu’on va nous abuser, nous faire du mal, nous défavoriser et par conséquent on finit par vivre une certaine méfiance. Cela peut conduire à penser que “Je ferai forcément mieux le travail que les autres à qui je ne peux faire confiance”. Il n’y a donc aucune délégation.
  • Une tendance à penser qu’on ne peut se contrôler soi même sur le plan émotionnel et qu’on ne peut supporter d’être frustré.

Il faut savoir que les personnes ayant un profil enthousiaste de leur “addiction au travail” ne sont pas forcément pénalisées par leur schéma de performances élevées. Elles y trouvent au contraire une source d’accomplissement personnel. Ce sont les autres schémas qui semblent davantage poser question.

Ces schémas de pensées sont excessifs et non rationnels, c’est pourquoi ils font souffrir.

Comment s’en sortir?

Ainsi, si vous vous retrouvez dans cette seconde catégorie de dépendants au travail non enthousiastes, il convient d’apprendre quelques techniques de relaxation afin de sortir du schéma du manque d’auto contrôle. En effet, vous devez absolument apprendre à tolérer, accepter et mieux gérer vos émotions négatives.

Ensuite, il est important de travailler sur soi pour mieux faire confiance aux autres et ne pas projeter sur eux des intentions systématiquement négatives.

Par ailleurs, vous devez prendre conscience que ce n’est pas parce que vous êtes plus au travail que vos collègues que vous êtes plus efficaces qu’eux. On parle d’activisme et donc d’une débauche d’énergie dans des exigences perfectionnistes qui ne sont pas forcément productives.

Soyez conscient que la société vous a transmis des normes d’excellence que vous avez intégré pour votre propre compte…

Tentez à tout pris de recréer un équilibre entre votre vie professionnelle et votre vie privée. Suivez ce qu’on appelle la théorie des petites bulles!

Et vous, où en êtes vous dans votre rapport au travail? En ce qui me concerne, je ne manquerai pas de vous en parler … plus tard 😉

Virginie BOSSUT-HUBAUT

Psychologue spécialisée en thérapie cognitive et comportementale

(D’après une étude de E. Grebot et M. Olivier, 2017)


Partagez l'article
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  • 19
  •  
  •  
    19
    Partages
  • 19
    Partages

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *