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Etes-vous en train de tuer votre poule aux oeufs d’or?

Connaissez-vous la fable de la poule aux oeufs d’or?

La fable de la poule aux oeufs d’or

C’est l’histoire d’un fermier qui découvre un matin un oeuf en or sous sa poule. Incroyable! Il le fait expertiser… il est en or massif!

Il n’en croit pas ses yeux. Chaque jour, la poule lui offre un nouvel oeuf en or. Mais il en veut toujours plus. Alors il se met à la nourrir davantage pour qu’elle produise encore plus… puis la secoue fortement … mais rien n’y fait, il n’y a toujours qu’un oeuf en or chaque matin. Impatient, il finit par l’ouvrir pour y récupérer à l’intérieur les oeufs en or. Mais là, bien évidemment, il n’en trouve aucun… Il a tué la poule aux oeuf d’or.

Une fable qui parle à chacun de nous

Nous avons tous en nous une poule aux oeufs d’or. Chaque jour, notre petite poule accomplit des choses formidables. Mais nous la malmenons en en voulant toujours plus et en lui demandant trop de travail, trop d’exigences, trop de sport, trop d’activités, trop d’énergie… Ainsi, nous prenons le risque de perdre ce que notre petite poule a à nous offrir en étant trop gourmand ou trop exigeant.

 

Comment préserver notre petite poule aux oeufs d’or?

Cette petit poule aux oeufs d’or est un trésor en nous. La respecter vous permettra d’aller plus loin, plus longtemps mais à son propre rythme.

  • Il est donc important de vous ménager. A trop tirer sur la corde, elle casse. Il faut être raisonnable. Respectez un rythme raisonnable et respectueux de votre corps. N’oubliez pas de prévoir des pauses dans la journée, en cours ou en fin de semaine et à périodes régulières.
  • Il vous faut apprendre à  vous modérer. Nous sommes victimes de nos excès. Il n’est pas utile de vous mettre la barre trop haute. Oubliez le perfectionnisme et le “toujours plus”. C’est la condition sine qua non pour cultiver une estime de soi positive et réaliste. Soyez optimaliste en faisant juste de votre mieux… avec ce que vous avez, avec ce que vous êtes. La perfection n’est pas de ce monde! Et si vous êtes convaincu du contraire en observant certaines personnes autour de vous, c’est que vous n’avez pas  tout bien regardé 😉
  • Prenez soin de vous. Votre petite poule a des besoins fondamentaux: boire, manger, dormir, se dépenser, cultiver du lien social. S’assoir dessus est la porte ouverte à la souffrance et vous n’irez pas bien loin car la poule ne produira plus à plus ou moins long terme.

Et en ce qui concerne les autres poules aux oeufs d’or?

Si chacun a en soi une poule aux oeufs d’or, vous avez donc autour de vous d’autres poules aux oeufs d’or prêtes à partager leurs oeufs merveilleux et ainsi enrichir votre vie.  C’est le cas de vos enfants, de votre conjoint(e), de vos amis, de vos collègues, de votre famille, …

Les conseils ci-dessus sont valables pour les autres personnes de votre entourage. Ainsi, n’exigez pas trop deux et prenez soin de cultiver la relation.

Se respecter soi, respecter l’autre en tant qu’être distinct de nous, s’ouvrir à la relation permettent de vivre dans un monde en or!

Bonne journée à mes lecteurs a-dorés!

Virginie Bossut

Psychologue clinicienne

Pourquoi vous ne devez jamais cesser d’apprendre?

Apprendre… Cela vous évoque des souvenirs d’enfance? Peut-être même douloureux? Pourtant, on apprend à tout âge…

Apprendre ne devrait pas être réservé aux 20 premières années de la vie. Bien au contraire. L’école n’est là que pour nous apprendre à  apprendre. L’apprentissage ne fait que commencer car au fil de votre curiosité vous allez pouvoir acquérir tout ce qui fait du sens pour vous dans la vie! C’est peut être la différence essentielle avec l’école. Quand on est grand, on apprend parce que c’est utile ou que ça nous plaît. C’est donc plus motivant.

Apprendre pour s’adapter aux changements

Apprendre est avant tout essentiel pour s’adapter aux changements rapides de la technologie et de la société. Il est essentiel de ne pas rester sur le bord de la route, au risque de perdre confiance en soi et d’entamer le capital confiance que la société nous accorde.

Par exemple, auriez-vous confiance en votre banquier s’il traitait toutes les données de votre compte sur un vieux cahier d’écolier?

Dans le cadre de mon métier de psychologue, j’ai rencontré beaucoup de personnes qui manifestaient une grande souffrance professionnelle car elles refusaient avec rigidité de s’adapter aux outils numériques mis en place dans leur entreprise. Elles se sont rapidement retrouvées sur la touche avec une grande souffrance morale à la clé…

Ainsi, développer ses compétences tout au long de sa carrière est in-dis-pen-sa-ble!!!

Apprendre pour satisfaire son besoin d’accomplissement

Tous les êtres humains ont des besoins et en particulier le besoin d’accomplissement. Il s’agit du besoin de se réaliser et de mettre en valeur son potentiel.  Nous avons besoin de nous développer personnellement afin de booster notre confiance en soi .

Acquérir de nouvelles connaissances est un excellent moyen pour nourrir notre besoin d’accomplissement. Chaque apprentissage représente un défi au service de nos valeurs, de ce qui est important pour nous.

Evoluer en voyant grand pour sa vie

Apprendre nourrit la confiance en soi et par conséquent l’estime de soi. Apprendre, c’est oser se mettre en déséquilibre. C’est prendre conscience qu’on ne sait pas encore et se confronter à des micros échecs et de petites et grandes réussites. Car bien sûr, lorsqu’on apprend, il faut apprendre à échouer pour mieux avancer. Et plus on affronte nos peurs, plus on se renforce dans notre capacité à affronter les petits et grands défis de la vie, plus on prend confiance en soi, plus notre image de soi s’améliore et plus notre estime de soi se renforce.

De défis en défis, en planifiant de nouveaux apprentissages, nos perspectives s’ouvrent et le monde est à notre portée. C’est très grisant comme sensation!

Quoi apprendre?

Tout! Tout! Tout!

Fonctionnez selon vos centres d’intérêts: musique? informatique? marketing? développement personnel? sport? langues? Géographie? Culture? … Le champ des possibles est infini!!!!!

Au fil du temps, grisé par la sensation de maîtrise, vous ouvrirez vos centres d’intérêt.

Comment apprendre?

Nous vivons une époque formidable. Le monde, ses trésors et ses mystères sont à une portée de clic, quelque soit l’endroit où vous habitez.

Vous pouvez apprendre à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, vous n’avez donc absolument aucune excuse!

Voici quelques idées:

  • La bibliothèque: Pour quelques euros, ou même gratuitement, vous aurez accès à la pensée des plus grands de ce monde.
  • L’e-learning ou les MOOC: Les cours en ligne foisonnent. Il y en a pour tous les goûts. Les formateurs dont je fais partie rivalisent pour vous donner les contenus les plus attractifs possibles. La vidéo et l’interactivité sont les maîtres mots.
  • Les cours du soir: Vous avez besoin d’être en lien social? Alors cette méthode plus traditionnelle est faite pour vous.
  • Les livres audio: Pendant vos déplacements à pied, dans le métro ou en voiture, pendant vos séances de sport, en faisant le ménage ou la vaisselle, vous pouvez “lire” des livres audio. Audible propose par exemple d’excellents ouvrages.
  • Les formations professionnelles: Ne manquez aucune occasion de vous former au travail. D’abord ça ressource, puis ça augmente votre niveau de compétence et rompt la monotonie en développant de nouvelles tâches et manières de faire.
  • Les conférences TEDX sur you tube: Il y en a pour tous les goûts, dans toutes les langues. Cela dure environ entre 10 et 15 minutes.
  • Les applis pour apprendre les langues: j’adore Babbel pour apprendre les rudiments d’une langue et Italki pour développer l’expression orale.

Il vous faut intégrer à votre quotidien ces moments d’apprentissage. En ce qui me concerne, c’est tous les matins de 5 à 6 heures. Vous pourriez m’objecter que vous n’avez pas le temps… fausse excuse, c’est que vous ne le prenez pas….A ce rythme là, vous pourriez vieillir très très vite… Apprendre ralentit le vieillissement cérébral. A bon entendeur! Enjoy les amis!!!!

N’hésitez pas à  me dire dans les commentaires ce que vous êtes en train d’apprendre à  l’heure actuelle.

Virginie BOSSUT-HUBAUT

Psychologue

Ras le bol de mon travail! Faut-il tout claquer lorsque notre motivation au travail est à zéro

Vous manquez de motivation au travail? Aller travailler vous pèse? Les dimanches soirs vous sont de plus en plus pénibles? Vous ne vivez qu’en vue des week-end et de vos vacances?

Il est grand temps en effet de se poser les bonnes questions…

Comprendre pourquoi votre motivation au travail est à zéro

Pour être motivé au travail, il faut que quatre conditions soient remplies:

  • Je dois me sentir en accord avec mon travail: il est certain que si vous travaillez dans un abattoir alors que vous êtes végétarien, cela risque d’être compliqué… Bon c’est vrai, j’exagère … mais vous voyez bien ce que je veux dire. Si vous vendez des prêts à des personnes déjà surendettées, cela peut aussi être un frein à votre épanouissement. Il s’agit là du besoin d’éthique. Dans un autre domaine, si je suis exposé à des dangers toxiques ou à de la violence, cela risque aussi de poser problème. C’est ici le besoin de sécurité qui entre en jeu. Si je suis hyperactif et que je me retrouve dans un poste sédentaire, cela pourra m’être dommageable, tout comme un travail à un rythme trop soutenu si j’ai besoin de prendre plus mon temps pour faire les choses. Par ailleurs, il se pose aussi la question de mon besoin de dépassement personnel. Mon travail me permet-il de relever les défis personnels dont j’ai besoin?
  • Je dois me sentir reconnu et que l’on reconnaisse mon travail: Peut-être avez vous besoin de contacts humains ou au contraire d’un relatif isolement. Votre travail vous permet-il cela? Les relations avec les collègues et les supérieurs sont-elles harmonieuses? Ma hiérarchie reconnait-elle mon investissement? Prend-on en compte mon avis? Est-ce que je me sens respectée dans ma fonction?
  • Il doit y avoir équilibre entre ma productivité et mon salaire: S’il est vrai qu’on en voudrait sans doute toujours plus, à l’état actuel des choses y a-t-il une justesse dans la rétribution de mon travail? Est-ce que mon besoin d’évolution est respecté? Mon travail est-il suffisamment valorisé?
  • Je dois avoir les moyens d’agir pour atteindre mes objectifs: Les outils à ma disposition sont-ils adéquats? Les objectifs sont-ils réalistes? Ce qu’on me demande est-il suffisamment clair et organisé? Mon besoin d’autonomie est-il suffisamment respecté ou au contraire, suis-je insuffisamment encadré si j’ai besoin d’être davantage sécurisé? Mes tâches sont-elles suffisamment diversifiées?

Prendre du recul

Parfois, le ras le bol est tellement puissant que ce sont les émotions qui prennent le dessus et il devient très difficile de penser de manière claire et constructive. Dans ces moments où le découragement, la frustration et la colère grandissent, il est parfois tentant de tout claquer…. pensant que l’herbe est forcément plus verte ailleurs…

Ne tombez pas dans ce piège. Aucune décision ne doit être prise sous le coup de l’émotion. Vous devez prendre du recul et avoir une conscience claire du problème avant de prendre toute décision. Voici comment faire:

  • Si vous le pouvez, prenez des vacances loin de chez vous (au moins deux semaines) et prévoyez des temps où vous ne visiterez rien de spécial et où vous serez seul. Equilibrez ces temps là avec des moments en famille, entre amis et des activités sympas.
  • Si nécessaire, demandez à votre médecin un arrêt maladie
  • Ecrivez quotidiennement dans un journal. Ne vous souciez pas du produit fini, écrivez au kilomètre tout ce qu’il vous passe par la tête. A distance, relisez-le… et vous comprendrez mieux…
  • Pratiquez la méditation afin de mieux gérer vos émotions et sortir du pilotage automatique des pensées négatives en prenant de la distance par rapport à vos pensées.
  • Évitez d’ échanger avec vos collègues
  • Pratiquez le jardinage, le bricolage, un loisir créatif, un sport individuel, la marche, la pêche ou toute activité qui vous videra la tête en favorisant un processus hypnotique.

Ouvrez-vous et réenchantez le quotidien

A votre retour de cette coupure professionnelle, vos émotions devraient être plus posées et vous allez sans doute y voir plus clair sur les raisons de votre mal être au travail.

Mettez en place pour mettre en oeuvre tous les changements nécessaires à votre quotidien professionnel.

Apportez à votre quotidien professionnel un petit plus. En lisant récemment un article dans la revue “Management”, j’ai découvert avec beaucoup de plaisir le cas d’un chauffeur de rame qui, lassé de son travail, s’était mis au défi de se faire saluer tous les usagers chaque matin… Il a tout compris! Parfois, il suffit de très peu de choses pour reprendre plaisir et refaire du sens dans son travail. Si on est au contact du public, on peut par exemple s’accorder une instant d’échanges informels avec chaque personne… et décider de sourire.

Si malgré vos émotions et les petits changements apportés les choses restaient difficiles, entamez sereinement les démarches nécessaires au changement: demandez un bilan de compétences, refaites votre CV, commencez à éplucher les petites annonces, peaufinez votre réseau, …

Testez avec prudence

Voilà, ça y est vous savez ce que vous voulez faire … et surtout ce que vous ne voulez plus faire?  Testez vos idées avec prudence. Vous pouvez par exemple commencer à temps partiel après avoir allégé au préalable votre temps de travail, vous pouvez aussi prendre une année sabbatique ou créer votre auto-entreprise et lui faire atteindre petit à petit son rythme de croisière.

Dites vous bien que s’il n’est pas facile de choisir car, d’une certaine manière, c’est toujours renoncer… eh bien ne pas faire de choix, c’est aussi se priver de belles opportunités. Il reste toujours possible de se tromper… mais là encore l’erreur peut être une aventure intéressante.

Une seule règle à retenir: Rien ne doit se faire dans l’intensité d’une émotion négative!

Virginie Bossut

Psychologue en thérapie cognitive et comportementale

Je ne supporte plus d’être si désordonné(e)… Il faut que ça change

Le chaos règne chez vous ou sur votre bureau? Un vague sentiment de malaise vous submerge lorsque vous recherchez un objet ou un papier? La perspective que quelqu’un passe à  l’improviste chez vous vous glace? Ou même qu’un invité se trompe de porte, ouvre la mauvaise… et découvre le fouillis de votre antre? Vos enfants prennent le même chemin?

La culpabilité vous gagne? Votre estime de soi en prend un coup?  Continuer la lecture de « Je ne supporte plus d’être si désordonné(e)… Il faut que ça change »

Suis-je addict au travail?

Etes-vous addict au travail? C’est dans les années 90 qu’est apparu ce concept: le workaholism. Oui, certains parmi nous pourraient être addict au travail! (Hum…)

Qu’est ce qu’être addict au travail?

Il s’agit d’un besoin incontrôlable de travailler sans cesse. Cela se manifeste par le fait de

  • Consacrer beaucoup de temps aux activités professionnelles.
  • Penser tout le temps au travail… même en dehors de notre temps de travail. Les week end par exemple, ou en rentrant le soir…
  • Travailler bien plus que ce que nous demande notre entreprise ou de ce que nous avons besoin financièrement, par plaisir de travailler.

Ce dernier aspect est important. En effet, lorsque l’on est en difficulté financière et qu’il est de fait nécessaire de travailler beaucoup, on peut aisément comprendre la raison de notre investissement. C’est le cas aussi lorsqu’on démarre dans un nouveau poste où notre ajustement à la fonction nécessite un investissement important. C’est le cas par exemple de la création d’entreprise qui nécessite une énergie importante au début.  Continuer la lecture de « Suis-je addict au travail? »

Comment gérer votre temps pour vivre pleinement?

Comment mener à bien de grands projets de vie?

Vous le surprenez devant un site porno ? Comment réagir ? La cybersexualité en question…

Il faut être clair, c’est toujours un choc de découvrir son fils ou son conjoint devant un site porno. L’impact ne sera pas le même qu’il s’agisse de votre fils ou de votre partenaire. Si l’inquiétude sera davantage marquée pour votre fils, découvrir son conjoint pourra déclencher des sentiments peut être plus violents de colère, de trahison et d’effondrement narcissique. C’est surtout ce deuxième cas que je vais traiter même si vous retrouvez quelques éléments de compréhension pour votre ado.

Voici quelques pistes pour vous aider à prendre du recul, à comprendre et à agir.

Gérer ses émotions

Vous aviez quelques doutes, mais à présent vous en avez la certitude. Il consulte régulièrement ce type de site. L’usage de tels sites n’est pas problématique en soi, c’est l’usage excessif voir même addictif qui va poser problème.

Peut-être êtes-vous choquée car la consultation de ce type de site implique généralement une activité masturbatoire. Cela peut vous poser souci alors que vous vivez en couple. Cela vous questionne sur la qualité de votre relation intime et plus largement sur votre relation affective. En ce qui vous concerne, l’impact psychologique peut être traumatique et peut même considérablement altérer l’estime de vous-même car vous vous remettez peut-être en cause.

Il faut savoir que la détresse psychologique est bien souvent partagée par votre conjoint.

– D’abord pour lui-même : Le visionnage de telles scènes engendre selon les chercheurs trois types de réactions : la fébrilité émotionnelle, la désorientation temporelle et une confusion fantasmatique. Néanmoins, l’utilisation d’internet favorise une impression de contrôle et de maîtrise… puisqu’il s’agit de virtuel. Cette dernière constitue ce que les psychologues appellent une croyance permissive qui va implicitement autoriser une pratique croissante. Le rapport au réel finit par être perturbé.

– Puis en lien avec vous : Dans le cadre d’une relation de couple solide, votre partenaire est bien souvent démuni par la détresse occasionnée et peut nourrir une certaine culpabilité, quoique souvent ambivalente, n’ayant souvent pas la sensation de vous avoir trompé puisqu’il s’agissait de virtuel.

Il est scientifiquement difficile de déterminer si les pratiques sont normales, excessives ou addictives. En effet, des facteurs moraux et individuels rentrent en compte.

Ce comportement reste essentiellement masculin. Sachez qu’aux Etats Unis, 72% des hommes reconnaissent passer entre 3 à 10heures par semaines sur des sites pornographiques. Reconnaissez qu’il ne s’agit pas d’une pratique marginale lorsque l’on parle d’une telle proportion ! Seuls 10% se considèrent comme addicts. La prévalence de ces comportements est particulièrement importante chez les adolescents.

COMPRENDRE

Pourquoi cette pratique est si fréquente ? Cela s’explique par ce que l’on appelle le modèle du triple A (Cooper et col, 2004) : des millions de sites sont facilement ACCESSIBLES, les prix sont ABORDABLES voir gratuits et l’usage est ANONYME .

Si les hommes célibataires (dont les ados) utilisent majoritairement ce type de site, beaucoup d’hommes les utilisent comme une pratique sexuelle complémentaire sans risque physique ou de stigmatisation sociale.

Il existe des facteurs de risque à ce type de pratique qu’il convient de comprendre afin de pouvoir faire face au problème de la manière la plus constructive possible :

  • Les conjugopathies ou crises du couple : les conflits entre conjoints ou l’insatisfaction sexuelle (rapports non satisfaisants ou trop rares) sont des motifs classiques explicatifs.
  • Les évènements de vie traumatiques
  • Les troubles de l’attachement durant l’enfance
  • Les troubles de l’érection et de l’excitation chez la personne elle-même
  • Les troubles anxieux et dépressifs
  • L’impulsivité et notamment le fait de présenter un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité.

Si les problèmes de couple, la dépression, l’anxiété ou les troubles sexuels peuvent être à l’origine de ces comportements cybersexuels excessifs voir addictifs, à leur tour ces derniers vont probablement majorer la difficulté initiale, constituant ainsi un réel cercle vicieux.

QUE FAIRE ?

Tout d’abord, il convient de calmer  votre propre tempête émotionnelle et de ne pas vous mettre en cause en tant que personne. Il y a de fortes raisons de penser que le problème se trouve davantage au niveau du lien et de facteurs inhérents à sa propre personne.

N’hésitez pas à exprimer vos propres émotions en utilisant le « je ». Par exemple : « Je suis dévastée, je suis déçue, je me sens trahie, je ne m’attendais pas à cela. Je me pose beaucoup de questions »

Bien sûr, il convient d’échanger calmement sans culpabilisation excessive. Plus la communication sera efficace et authentique, plus le problème sera résolu de manière constructive. Prenez conscience que vous êtes si affectée, c’est qu’il y a de fortes probabilités que vous dramatisiez la situation.

Selon les problématiques soulevées au cours de ces échanges, il pourra être utile de se faire aider à l’extérieur : soit en couple (sexologue, thérapeute de couple), soit le conjoint individuellement pour traiter d’éventuels traumatismes anciens ou un trouble anxio-dépressif. Dans les cas les plus lourds (très rares), un traitement pharmacologique peut même être prescrit. Par ailleurs, vous aussi, vous pourriez avoir besoin de poser vos émotions chez un psychologue.

Enfin, prenez conscience qu’à toute chose malheur est bon… toute crise permet la résolution et le dépassement d’un état antérieur qui n’était plus satisfaisant.

Bon courage!

Virginie BOSSUT-HUBAUT

Psychologue spécialisée en thérapie cognitive et comportementale

(Article inspiré du Journal de Thérapie cognitive et comportementale, Cypersexualité addictive et TCC, F-X Poudat et M. Lagadec, Septembre 2017)